Hong Kong
Après plusieurs mois passés en Corée me voici à Hong Kong. Ces derniers temps mes billets se sont fait rares, sans doute en raison du manque de nouveauté ainsi que du froid qui n'incite pas vraiment à s'engager dans de longues visites. J'aurai sans doute bien des choses à vous faire partager lors de mon retour en mars. Mais pour l'instant, place à Hong Kong.
J'ai pu écrire lors de mon arrivé à Séoul en août que la ville était « grouillante et étouffante ». Ceci était largement une illusion, car mes premières impressions ne reflétaient pas la réalité de cette mégalopole. Certes, libre à vous d'aller dans les quartier réputés pour le shopping le samedi après-midi, mais si vous ne tenez pas à vous frotter à la foule, la majeure partie de la ville vous conviendra. Les avenues sont larges, la hauteur des immeubles est, à quelques exceptions, modérée et surtout les coréens, par leur calme, sont une population apaisante pour l'étranger que je suis.
Tel n'est pas le cas à Hong Kong. Si l'excitation propre à la découverte d'un nouvel horizon était bien là lors de mon arrivée, l'ancienne enclave britannique m'est apparue bien vite trop étriquée et le mythe qui y est attaché comme étant largement surfait. D'ailleurs, si le dollar hongkongais est toujours la monnaie locale, la tête couronnée d’Élisabeth II n’apparaît évidemment plus ni sur les billets ni sur les pièces. Les particularismes de Hong Kong, toujours réels, semblent peu à peu s'évanouir, au profit d'un cosmopolitisme incertain mêlant businessmans de tous horizons à des couches populaires originaires de Chine.
En effet, outre la densité de Hong Kong j'ai été frappé ici par le nombre d'étrangers. A Séoul, vous êtes souvent le seul étranger dans le métro. Ce n'est évidemment par le cas ici. Hong Kong mérite sans doute, avec Singapour, sa réputation de ville la plus cosmopolite du monde. On entend beaucoup d'anglais ici... souvent avec un fort accent français ! Car oui, anglais, américains, français et bien d'autres viennent ici tenter leur chance dans ce paradis du capitalisme. Le dynamisme des échanges et de la vie économique est indéniable et fascinant. Tel est le bon côté de Hong Kong, cet hypnotisme permanent de la réussite individuelle, poussant chacun à tenter sa chance, à se surpasser. Si les inégalités sociales sont importantes et la pauvreté toujours présente, la situation de ces derniers est sans comparaison avec ce que connaissent les oubliés de Chine continentale. D'ailleurs le gouvernement de Hong Kong mène depuis de nombreuses décennies une politique active de construction de logements sociaux. Je n'ai d’ailleurs vu aucun mendiant jusqu'ici, contrairement à la France et dans une moindre mesure à la Corée.
Nous sommes donc ici bien loin de l'Asie authentique. Deux cultures se mêlent ici sans pour autant se confondre. La culture chinoise et la culture anglo-saxonne (ou devrais-je dire anglo-américaine) sont toutes deux différentes de la notre, celle de l’Europe continentale. Ainsi au nord de l'île de Hong Kong, dans le quartier de Central (quartier des affaires), on ne parle qu'anglais ; mais arrivé au sud de l'île de Hong Kong (par exemple à Aberdeen, où je réside), on parle surtout cantonais. Certaines personnes ne maîtrisent d'ailleurs pas du tout l'anglais.
Cela fait déjà trois semaines que je suis à Hong Kong. Mon stage occupe mes semaines mais voici un aperçu des visites de mes derniers week-end. Le Nouvel An Chinois me permet de disposer de jours de congés et je n'oublierai pas de publier d'autres billets concernant de nouvelles découvertes concernant Hong Kong, Macao et la Chine continentale que je vais bientôt visiter.
Vue du Peak, sommet de l'île de Hong Kong.
Je précise que "l'île de Hong Kong" est le premier territoire arraché par les britanniques à l'Empire du Milieu en 1842. Ceux-ci ajouteront ensuite à leur colonie la péninsule de Kowloon en face de l'île sur cette photo, les Nouveaux Territoires et les îles environnantes.
Cet ensemble correspond à l'actuelle "Région administrative spéciale de Hong Kong de la République populaire de Chine" (ou RAS de Hong Kong), le nom officiel de ce territoire depuis 1997, année de rétrocession de Hong Kong à la Chine.
L'île de Hong Kong, dont le nord est le coeur de la ville, ne représente en fait que 7% du territoire total de la RAS de Hong Kong.
Hong Kong Park
Port d'Aberdeen (au sud de l'île de Hong Kong). Vue vers l'île d'Ap Lei Chau, très densément peuplée...
Nathan road, Kowloon.
A Hong Kong, on dispose de davantage de libertés qu'en Chine continentale. Ici, des manifestants ont installé leur campement au rez-de-chaussé (ouvert) du siège de la HSBC, au coeur du quartier de Central. Insolite (et bordélique).
Port d'Aberdeen
Port d'Aberdeen, direction l'île de Lamma à 20 minutes en bateau. 40% du territoire de Hong Kong est protégé, cela permet d'aller prendre l'air...
Les gros porte-containers ne sont jamais loin. Le trafic maritime intense explique la pollution de l'eau. Pas question de se baigner à moins d'aller au nord-est, dans les Nouveaux Territoires.
Arrivée sur l'île de Lamma, sans voiture.
Tiens c'est bizarre. Il y a une énorme centrale électrique sur l'île "protégée"...
Village de pêcheurs.